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Yann TREGOUËT
2007 - Lady Jane
Réalisation Robert Guéduiguian

 

2007 - Lady Jane - Réalisation Robert Guéduiguian

Tournage 26-2 au 21-4-2007 - Scénario Jean-Louis Milesi et Robert Guédiguian - Directeur photo Pierre Milon - Montage Bernard Sasia - Montage son Valérie Meffre, Bruno Ghariani - Mixage Gérard Lamps - Décor Michel Vandestien - Assistant réalisateur Arnaud Dommerc - Son Laurent Lafran - Directeur de prod Malek Hamzaoui - Production Agat Films ; France 3 cinéma - Distribution Diaphana Films - Sortie Paris 09-04-2008 - 1h42
Film présenté en compétition officielle au 58ème Festival de Berlin en 2008.



Avec Ariane Ascaride (Muriel), Jean-Pierre Darroussin (François) et Gérard Meylan (René), Yann Tregouët (le jeune homme) et avec Frédérique Bonnal (Charlotte, la femme de François), Jacques Boudet (Henri) , Pascale Roberts (Solange), Pascal Cervo (le lieutenant), Giuseppe Selimo (Martin, le fils de Muriel), Anna Otsby (Marly), Pierre Banderet (le patron du bistrot), Jacques Reboud (l'homme du train), Christine Brücher (la prostitiuée)



Le sujet : Trois amis d'enfance, après qu'un de leurs cambriolages eut mal tourné, décident de se ranger des voitures et de ne plus se fréquenter. Mais le jour où le fils de Muriel est enlevé, les trois amis reprennent contact pour réunir la rançon exigée par les ravisseurs...

Notes : * Le titre de ce film fait référence à une chanson des Rolling Stones (1966). Depuis l'utilisation de Summertime de Janis Joplin dans La ville est tranquille, on connaît l'amour du réalisateur pour le rock des années 60...

* Le thème principal du film est la vengeance. Robert Guédiguian donne ce son point de vue sur ce sentiment : "Il faut faire un effort pour ne pas vouloir se venger, l'être humain est " naturellement " structuré comme ça. Si les individus ne peuvent pas se départir de ce sentiment-là, il faut au moins que les instances collectives s'en départissent de manière définitive. Ce qui est terrible, c'est la vengeance collective, la vengeance d'Etat. C'est pour cela que je montre une courte séquence documentaire télévisée sur Israël... En même temps, il y a des histoires de vengeance politique que j'aime beaucoup. Les Arméniens qui sont allés tuer les responsables turcs qui les avaient massacrés, ou les Juifs qui sont allés chercher les anciens Nazis en Bolivie et qui les ont pourchassé sans cesse en dehors de toute légalité, ça me plait, je trouve ça juste. Je suis de tout coeur avec eux, mais du point de vue de la raison, je suis totalement contre. Je me sens très ambivalent. Cela doit venir de mes origines : j'ai du sang arménien par mon père, et allemand par ma mère. " Génocidé " d'un côté, génocidaire de l'autre..."

* Avec Lady Jane, Robert Guédiguian signe un vrai polar, genre qui était déjà une des composantes de son précédent film, Le Voyage en Arménie. Le cinéaste explique ce qui le séduit : "C'est que "ça fonctionne" comme disait Brecht. Même dans les mauvais polars, quoi qu'il arrive, on va jusqu'au bout, on veut savoir, on ne descend pas du train. Il y a au départ un noeud inextricable, qui se dénoue à la fin du film. C'est une technique de récit qui m'a toujours intéressé. Ecrire quelque chose qui "fonctionne" de la première image à la dernière." Avouant préférant les polars au cinéma que dans la littérature, il confie : "j'aime beaucoup les films noirs américains. Et les polars à la française des années 60, avec Gabin vieux. Ceux où le gangster file un pyjama à son copain pour qu'il passe la nuit chez lui, après avoir mangé des rillettes et bu un coup de rouge..."

* Une des scènes-clés de Lady Jane est le meurtre d'un enfant (qui intervient tôt dans le film). Concernant la représentation de la violence, Robert Guédiguian explique sa démarche : "Dans ce cas précis, la référence, pour moi, c'est la tragédie grecque, plus que le polar. Pour créer une catharsis, et permettre au spectateur de se défaire de sentiments négatifs, je voulais choquer, sans complaisance. Je crois que c'est une affaire de découpage, de montage, de durée des plans. Le meurtre de l'enfant est le pivot de mon film. Je voulais que ça saigne, que l'on voit la balle dans le front, avec des plans très courts. Techniquement, c'est passionnant à mettre en place. De plus en plus, je me dis que la mise en scène consiste à résoudre ce type de questions très concrètes, très précises."

* Réalisateur engagé, Robert Guédiguian explique que sa façon même de faire des films a une dimension politique : "Continuer à filmer mes trois acteurs, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin et Gérard Meylan, est un acte de résistance. Même si j'ai adoré filmer Michel Bouquet ou mon vieil acteur arménien dans mes deux films précédents, je ne peux pas rester longtemps sans retrouver ce trio. C'est l'idée d'un collectif possible. Un collectif microscopique, mais un collectif quand même. Un collectif de gens qui fabriquent des films ensemble depuis des années, et qui continuent. Plus largement, je prêche par l'exemple avec ma société Agat Films- Ex Nihilo, une des plus fortes entreprises indépendantes, en terme de quantité de films, de chiffres d'affaires. C'est un communisme de bande ! Et ça marche..."

* Cumul entrées France : 9 au 15-4-2008 (1ère semaine) : 74436 - 16 au 22-4-08 : 116453

 

Le DVD, sorti le 16-10-08 chez TF1 vidéo

 




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